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Une sensibilité cinématographique influencée par l’Europe

Le cinéma argentin est né au même moment que le cinéma américain et européen. Il est l’un des principaux acteurs de la production cinématographique en Amérique du Sud.

D’excellents films démontrent sa vitalité au plan international :** L’histoire officiel, Les nouveaux sauvages ou les Neufs reines**. Le cinéma argentin, durant des décennies à été fortement identitaire et nationaliste, vantant ses héros populaires et ses questionnements en rapport avec la modernité. Un cinéma à cheval entre comédie urbaine et thriller mélodramatique, incarné par la vie nocturne trépidante de l’Avenida Corrientes et ses multiples salles de cinéma. Un peu l’équivalent de Broadway aux États-Unis.

Le péronisme entre 1946 et 1956

Bien que Juan Domingo Péron n’est jamais été considéré comme un dictateur pur et dur, celui-ci se servit allègrement du cinéma pour promouvoir son idéologie politique. Un film marqua la période :*** Le fleuve de sang*** (Las aguas turbias bajan. 1952) de Hugo del Carril, tiré du roman de Alfredo Varela.

Films argentins

Une histoire d’ouvriers agricoles surexploités qui un jour, décidèrent de s’organiser pour défendre leurs droits.

Dictature de 1966 à 1973 puis de 1976 à 1983

Durant cette période, la production cinématographique est quasiment au point mort. La distribution de films américains largement boycottée.

Peut importe cette censure, les argentins, toujours curieux et demandeurs d’œuvres étrangères passèrent par des salles de cinéma clandestines pour assouvir leur soif de liberté. La dictature n’empêcha pas l’éclosion d’acteurs majeurs tels que Hector Alterio, Norma Aleandro ou du réalisateur de** Pixote, la loi du plus faible** : Héctor Babenco (qui deviendra plus tard brésilien).

1983 à 2000 : un nouveau souffle

À la fin de la dictature, dans la seconde moitié des années 80, le cinéma argentin, impulsé par ce besoin de démocratisation voit apparaître une nouvelle génération de réalisateurs tels que Luis Puenzo. De nombreux films connaîtront un beau succès sur le plan international. Parmi-eux :

  • Camila, de María Luisa Bemberg (1984) : L’histoire se situe dans les années 1830, à Buenos Aires. Une jeune fille issue d’une famille traditionaliste tombe amoureuse d’un père Jésuite.
  • No habra mas penas ni olvido, de Hector Olivera’s. Dans la petite ville de Colonia Vela, un conflit violent aux conséquences imprévisibles entre péronistes, certains marqués à gauche et d’autres à droite.
  • Homme regardant au sud-est (mirando al sudeste), de Eliseo Subiela. Un étrange personnage arrive dans un hôpital psychiatrique, affirmant en réalité être un hologramme venu d’une autre planète afin de rendre compte de la stupidité affectives des terriens.
  • L’histoire officielle (La historia oficial) de Luis Puenzo. Le drame de l’après-dictature et ses grands déballages autour de la répression et de la torture à travers une famille bourgeoise, apparemment respectable à tous points de vue.

L’une des figures les plus importante de l’après-dictature fut Maria Luisa Bemberg qui réalisa six films majeurs pour le cinéma argentin. A travers son œuvre, une analyse en profondeur des rapports socio-culturels de l’époque, notamment à travers l’homosexualité. Elle mit en scène des stars internationales telles que Marcello Mastroianni , Julie Christie et Dominique Sanda.

Le cinéma argentin eut également un rayonnement important par l’intermédiaire du réalisateur Leopoldo Torre Nilsson, fortement influencé à l’époque par un certain intellectualisme à la française, teinté d’expressionnisme. Il aima traiter les aigreurs et les frustrations d’une société figée, en recherche d’une nouvelle identité. Son travail fut largement inspiré par la romancière Beatriz Guido qui deviendra sa femme.

Un film emblématique qui traite de la décomposition sociale : La Maison de l’Ange, (La casa del angel. 1957)

Un nouveau cinéma moins narratif, plus expérimental voit le jour, notamment à travers le travail d’Octavio Getino et de Fernando Solanas, des cinéastes qui réalisèrent dans les années 70, de magnifiques documentaires, très engagé politiquement. Tant contre la dictature argentine que pour leur positionnement résolument anti-Hollywoodien.

Années 2000

Deux films feront prendre un tournant au cinéma argentin, tant d’un point de vue artistique que commercial :

  • Les Neufs reines(Nueve reinas. 2000)
  • Le fil de la mariée (El hijo de la novia).Tous deux ont comme point commun de véhiculer un humour corrosif et au vitriol sur la société argentine.

Cet article est rédigé par Blaise Grenier, Journaliste reporter d'images et auteur. Découvrir le parcours de l'auteur et la charte éditoriale »