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Bullshit job

Ces métiers inutiles qui polluent le marché de l'emploi

Un "bullshit job" désigne des emplois comprenant des tâches futiles, dénuées de substance et de signification, au sein de l'univers professionnel. Cette expression, introduite par l'anthropologue américain David Graeber, suggère que dans notre société contemporaine, une grande partie des employés de bureau est engagée dans des tâches sans réelle valeur sociale, bien qu'elles servent à préserver les postes de travail.

bullshit job

La théorie de David Graeber

John Maynard Keynes, économiste britannique, prévoyait en 1930 que les progrès technologiques permettraient de réduire le temps de travail hebdomadaire à 15 heures d'ici la fin du XXe siècle. Or, malgré l'avènement de la robotisation, cette réduction n'a pas eu lieu. Selon Graeber, la technologie a été détournée pour prolonger notre temps de travail. Ainsi, des emplois intrinsèquement inutiles ont été créés.

Graeber suggère de caractériser un "bullshit job" en envisageant la suppression de ce poste et en examinant les répercussions sur la société. Par exemple, l'absence d'infirmières, d'éboueurs ou de mécaniciens entraînerait des conséquences désastreuses. En revanche, l'absence de marketeurs, financiers ou juristes, professions souvent reconnues comme superflues par leurs propres acteurs, ne créerait pas de perturbations majeures. Graeber divise ces emplois en cinq catégories : les "larbins", les "porte-flingue", les "rafistoleurs", les "cocheurs de cases", et les "petits chefs".

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Les 5 catégories de "bullshit jobs" selon David Graeber

Pour mieux comprendre, voici la classification des cinq types de "bullshit jobs" identifiés par Graeber.

1. "Les larbins"

Leur rôle principal est de rehausser l'importance d'une autre personne. Cela inclut des postes comme les portiers, qui confèrent du prestige à un établissement, les démarcheurs téléphoniques travaillant pour des courtiers, et certains assistants administratifs.

2. "Les porte-flingues"

Ces emplois sont agressifs ou socialement nuisibles et existent principalement parce que d'autres postes similaires existent ailleurs. Graeber cite l'exemple de l'armée, qui ne serait pas nécessaire sans les armées des autres pays. Cette catégorie comprend également les lobbyistes, les experts en relations publiques, les avocats d’affaires et les conseillers fiscaux.

3. "Les rafistoleurs"

Ces employés sont chargés de résoudre des problèmes qui ne devraient pas exister en premier lieu et qui pourraient être évités avec une meilleure gestion. Ils cachent souvent l'incompétence de leurs supérieurs en jouant le rôle de "chasseurs de bugs".

4. "Les cocheurs de case"

Ces travailleurs font en sorte que les entreprises semblent actives. Ils remplissent des formulaires sans conséquence ou créent des présentations PowerPoint que personne ne consulte. Ce type de poste est courant dans le secteur de la consultance.

5. "Les petits chefs"

Cette catégorie se divise en deux : ceux qui délèguent des tâches à d'autres pour se décharger de leur propre travail et ceux qui créent des tâches inutiles pour leurs subordonnés. La seconde catégorie est particulièrement problématique car elle produit littéralement des "jobs à la con".

Graeber a été critiqué pour sa vision simpliste et subjective des "bullshit jobs". Il a précisé qu'il ne cherchait ni à encourager les entreprises à licencier leurs employés, ni à juger les individus en fonction de leurs métiers. Son but était plutôt de nous inciter à réfléchir davantage sur notre système de travail et sur la nature de nos propres emplois en général.

Le concept de "brown-out"

Des psychologues du travail ont adopté ce concept pour décrire une pathologie chez les travailleurs occupés à ces tâches dénuées de sens, entraînant une "démission intérieure" ou "brown-out". Le "brown-out" se manifeste par une perte de motivation et d'estime de soi chez les personnes affectées par ces emplois.

Liste de 20 "bullshit jobs"

  • Conseiller en communication
  • Manager intermédiaire
  • Auditeur interne
  • Responsable du media training
  • Consultant en ressources humaines
  • Chargé de mission
  • Spécialiste en conformité réglementaire
  • Analyste de données superflues
  • Coordinateur de projet sans réelle mission
  • Responsable de la transformation digitale inutile
  • Assistant administratif sans tâches claires
  • Lobbyiste
  • Avocat d'affaires
  • Spécialiste en relation publique
  • Directeur de l'innovation sans innovation
  • Consultant en stratégie sans impact
  • Responsable de la qualité de vie au travail
  • Planificateur de réunions sans contenu
  • Analyste de risques non pertinents
  • Spécialiste en marketing de niche inutile

30 autres "bullshit jobs" gravitant autour des hommes politiques, conseils généraux et communautés de communes

  • Consultant en stratégie électorale - Fournit des conseils souvent redondants sur les campagnes électorales.
  • Coordinateur de projets territoriaux - Supervise des projets de faible envergure ou inutiles.
  • Animateur de réseaux d'élus - Organise des événements et des réunions sans réelle valeur ajoutée.
  • Chargé de mission pour le développement durable - Travaille sur des projets sans impact concret ou mesurable.
  • Conseiller en communication politique - Gère des relations publiques souvent superficielles et sans substance.
  • Responsable des relations intercommunales - Facilite des interactions bureaucratiques entre communes.
  • Chargé de mission pour la promotion touristique - Promeut des destinations peu attrayantes ou déjà bien connues.
  • Coordinateur de programmes européens - Supervise des projets européens sans réelle influence locale.
  • Conseiller spécial du maire - Donne des conseils souvent génériques et non spécifiques.
  • Médiateur de quartier - Intervient dans des conflits mineurs sans réelle autorité ou résultat.
  • Consultant en marketing territorial - Propose des stratégies de marketing peu efficaces pour des régions.
  • Chef de cabinet - Organise l'agenda et les déplacements des élus sans impact direct sur les politiques publiques.
  • Chargé de mission pour les projets culturels - Gère des événements culturels de faible importance.
  • Attaché parlementaire - Réalise des tâches administratives banales pour les parlementaires.
  • Coordinateur de la démocratie participative - Organise des consultations publiques sans impact sur les décisions réelles.
  • Consultant en urbanisme - Fournit des avis redondants sur des projets déjà bien définis.
  • Chargé de mission pour la coopération décentralisée - Travaille sur des partenariats internationaux peu fructueux.
  • Coordinateur de la transition énergétique - Supervise des projets énergétiques souvent symboliques.
  • Animateur des politiques publiques - Organise des réunions et des débats sans influence sur les décisions finales.
  • Consultant en gestion des crises politiques - Intervient lors de crises politiques avec des solutions souvent inefficaces.
  • Chargé de mission pour l'insertion sociale - Gère des programmes sociaux sans résultats concrets.
  • Responsable de la communication interne - Diffuse des informations internes souvent redondantes.
  • Consultant en relations institutionnelles - Facilite des interactions entre institutions sans réel résultat.
  • Chef de projet pour les infrastructures - Supervise des projets d'infrastructure de faible envergure.
  • Animateur des réseaux sociaux pour élus - Gère la présence en ligne des élus sans engagement réel.
  • Coordinateur des événements protocolaires - Organise des événements formels sans importance significative.
  • Consultant en financement public - Conseille sur des subventions publiques avec peu de succès.
  • Chargé de mission pour la mobilité durable - Travaille sur des projets de mobilité peu ambitieux.
  • Coordinateur des partenariats publics-privés - Supervise des collaborations souvent inefficaces.
  • Animateur de la concertation citoyenne - Facilite des discussions publiques sans aboutissement concret.

Ces métiers, bien que parfois présentés comme essentiels tendent souvent à se concentrer sur des tâches bureaucratiques et administratives sans réel impact direct sur la société ou l'économie.

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