Mise à jour 29/07/2023 : *Mise à jour du 29/07/2023 : C’est toujours avec une certaine perplexité que j’observe la manière dont certaines personnalités issues des élites peuvent développer des idées ou des analyses déjà formulées ailleurs sans en mentionner l’origine. En décembre 2018, j’avais transmis à Juan Branco, via un message privé sur Twitter, un article publié sur Extraverti.com en 2017 et consacré aux mécanismes de reproduction des élites, à leurs réseaux d’influence et à leur fonctionnement en circuit fermé. Par la suite, j’ai retrouvé dans La République ne vous appartient pas (Au Diable Vauvert, 2020), des réflexions qui m’ont semblé présenter des similitudes avec celles développées dans cet article antérieur. Chacun demeurera libre de comparer les dates, les textes et les archives disponibles afin de se forger sa propre opinion. Le paradoxe est d’autant plus intéressant que Juan Branco s’est largement construit une réputation en dénonçant les mécanismes de domination et les privilèges des élites, tout en étant lui-même issu de ces mêmes sphères qu’il critique. Cette observation n’enlève rien à l’intérêt de certains de ses combats ou de ses engagements, que je continue par ailleurs à regarder avec sympathie. *
L’article originel
Filière ouvrière, bovine, laitière et au sommet… les filières du pouvoir qui vous ouvrent les portes de la “bulle”. En circuit fermé. Les futur(e)s journalistes choisiront Sciences Po. Les hommes et femmes politiques, l’ENA. Les patrons d’industrie, l’École des mines, Polytechnique ou HEC. Les magistrats de l’ordre judiciaire, l’École Nationale de la Magistrature.
Tout ce petit monde dans “l’entre-soi” se distribuera ensuite les postes et les salaires avec pour devise de ne jamais froisser son alter ego plus que nécessaire. Le “Politiquement correct” en surimpression du plan de carrière.

C’est ainsi qu’un journaliste sorti du moule n’ira “pas assassiner” son camarade destiné à une haute fonction publique.
Bien qu’opposé à première vue, nous les retrouverons bague de fiançailles au doigt. Effet aimant, qui** se ressemble fusionne**.
Filières interdépendantes
Le politique drague la journaliste et inversement cette dernière fera consensus. C’est un pacte subliminal de non-agression établi entre les “sorti(e)s d’écoles”. N’attendez pas de ces “profils” qu’ils se mettent en porte-à-faux les uns vis-à-vis des autres.**
Le politique servira les intérêts du patron d’industrie, lui-même protégé par une loi sortie du bois, le tout relaté par un(e) journaliste bon ton qui traitera l’accord factuellement**. Le taille-crayon (baveux) est plus que jamais devenu un technicien de surface ordinaire.
Futurs électeurs, n’espérez pas plus que le minimum syndical ! Jamais un gouvernant ne prendra** les mesures politiques censées révolutionner notre modèle économique**.
Une politique de petits joueurs
Un candidat qui aurait pour programme les initiatives citoyennes présentées dans le film “Demain”.

Qui décréterait une fois élu que** l’expérience des “incroyables comestibles” **doit être mis en place partout en France.
À gauche comme à droite, vous n’aurez droit qu’à des mesurettes à 1 %, diluées dans la masse salariale des valets de service que vous incarnez. En parallèle à cela et bien qu’en période de crise mais pas pour tout le monde, les chaînes d’information en continu se multiplient.
Le message subliminal est de diffuser la voix du maître sous couvert de pluralisme. Venant de la Corée du Nord, on désignerait une propagande d’État. Après la ponte, Francetv info est sortie de l’œuf et force et de constater qu’elle est la stricte réplique de France 24 qui est la copie conforme de CNews, BFMTV ou LCI.
Chaînes d’information en continu : pourquoi toutes les mêmes ?
Pourquoi toutes ces naissances spontanées ? Parce que les rouages politico-financiers ont besoin de relais identiques pour nous faire croire à la diversité des opinions. La réalité c’est que quel que soit le média, le traitement est dupliqué à la virgule près. Mêmes Une, mêmes reportages et commentaires. Zappez dans tous les sens, vous ne verrez aucun sujet “hors filière”.
Cela est confirmé par le nombre de journalistes qui embrassent une carrière politique par opportunité. Le personnel politique reproduisant le même process en sens inverse. Un exemple emblématique : Roselyne Bachelot devenue consultante à la télévision.
Ils sont légion ceux qui abandonnent leur poste d’élu afin de siéger dans les conseils d’administration des multinationales. Lors de leur mandat, ils s’étaient bien gardés d’aller à l’encontre des lobbies. Ces va-et-vient sans obstacles, d’une filière à une autre donne un sentiment de toute puissance… et d’impunité à ces “passe-murailles”. **Car plus grosse est l’affaire plus elle se dégonfle rapidement, ** assortie de peines inexistantes voir nulles pour les mis en cause.
Vous vous dites pourquoi ce tapage médiatique, autant de moyens mis en œuvre pour accoucher d’une souris ? Parce que la filière de l’ordre judiciaire est au service des élites politiques et économiques.
Elle a vocation à préserver les puissants en toute discrétion et à taper très fort sur les petites gens et PME hors réseaux. C’est d’ailleurs avec ces derniers qu’elle fait son beurre. Voyez à qui sont infligés les amendes, taxes et autres pénalités de retard et vous avez fait le tour de la financiarisation de l’économie. Peu importe votre parcours ou vos compétences, si vous n’êtes pas sortis du bon moule avec le carnet d’adresses assorti. A moins d’une chance au tirage, il vous restera le tapin avec un gilet jaune ou le pointage en CDI à Pôle Emploi.
Cet article est rédigé par Blaise Grenier, Journaliste reporter d'images et auteur. Découvrir le parcours de l'auteur et la charte éditoriale »