un leader de la production mondiale de films
Si l’Inde produit annuellement un très grand nombre de films, c’est parce que le public est très friand d’histoires de romance, de comédies musicales mélodramatiques. En occident, le cinéma indien a souvent été accolé au réalisateur bengali Satyajit Ray (1921-1992). Sans doute parce qu’il imprimait à l’écran un néoréalisme qui différait très largement des productions cinématographiques traditionnelles.
Satyajit Ray a pris une part prépondérante dans la sensibilisation du cinéma Hindi, sur le plan international, facilitant ainsi son exportation sous la dénomination “Bollywood”, un terme désignant l’industrie cinématographique de Bombay.

Il serait réducteur d’appréhender le cinéma indien comme une forme informelle exotique, épicée à la sauce “masala”. Le cinéma indien puise sa puissance narrative dans les interactions entre son histoire antique, ses rapports à la colonisation britannique et l’indépendance qui en découla.
Le cinéma indien fait souvent allusion aux textes sacrés du Mahabharata et du Ramayana, des épopées mythologiques au cœur même de ses racines culturelles.
L’esthétisme traditionnel des ‘rasa" (saveur ou jus) est également intimement lié au cinéma indien.
Un mélange de diverses émotions tels que l’amour, la colère, l’émerveillement, la compassion, le rire, l’aversion, la terreur et l’héroïsme. Huit états qui doivent faire parti de la trame narrative afin de plaire au public.
Dans le cinéma indien, ces ingrédients sont souvent mis en interaction avec le Darshan, ou la vision du divin propre à l’hindouisme, très prégnant dans l’imaginaire populaire.
Il y a aussi une influence du Marathi Sangeet Natak, un théâtre qui met en avant les danses et les chants traditionnels. La dimension visuelle des lithographies de Raja Ravi Varma (1848 - 1906) représentant les dieux et déesses hindous font également parti du récit onirique au sein du cinéma et de la photographie indienne.
Le saviez-vous ? : le cinématographe des frères lumières fut présenté au Watson’s Hotel de Bombay en 1898. Le photographe indien Hiralal Sen (1866 - 1917) fut sans doute l’un des premiers à produire des court-métrage et à filmer des représentations théâtrales.
On retiendra surtout Dhundiraj Govind Phalke (1870 - 1944), considéré comme le père du cinéma indien et fort d’une filmographie pléthorique dont le célèbre Raja Harishchandra (1913), inspiré du Mahabharata.
À partir de 1906, les sociétés de productions cinématographiques, Bioscope Elphinstone de J.F Madan et Maharashtra Film Company commencent à produire des films régulièrement. Frantz Osten participera à l’essor de ce nouveau cinéma au sein des studios Bombay Talkies dans les années 30.
Le premier film sonore, intitulé “Alam Ara” et réalisé par Ardeshir M.Irani sortira en 1931. Il lancera le début d’une grande série de films dédiées à la chanson et à la danse dans les langues marathi et hindi.
L’actrice légendaire de l’époque est Durga Khote . Elle se produira dans plus de 200 films. Bombay devient alors le haut lieu de la production cinématographique indienne.

Cinéma indien post-indépendance : années 50-60
L’Inde n’échappe pas aux privations et aux pénuries engendrées par la secondaire guerre mondiale. Même la pellicule se fait rare. La production cinématographique se retrouve à l’arrêt. La censure coloniale bat son plein, la famine dévaste le Bengale. La partition entre l’Inde et le Pakistan est actée et aura des conséquences dramatiques. L’indépendance de l’Inde est proclamée en 1947.
Ce contexte historique revitalise le cinéma hindi qui retrouve un nouveau souffle à travers les sociétés de production indépendantes créées par les réalisateurs Mehboob Khan (1907-1964) et Bimal Roy (1909-1966).
La décennie qui suivra l’indépendance permettra de débrider bien des talents. Le besoin de divertissement de la population combiné à une nouvelle génération d’acteurs(trices) et de réalisateurs trouvera un nouveau terrain d’expression, intimement lié à une situation politique et sociologique en pleine mutation. Une gauche à l’Européenne voit le jour et Nehru, l’un des acteurs incontournables de l’indépendance indienne inspirera durablement une production cinématographique plus dynamique que jamais.
Années 70 : la couleur d’un époque
Le cinéma prend les teintes du climat social. Les années 70 sont fortement secouées par les contestations étudiantes qui s"opposent à la réduction des libertés individuelles et à une corruption qu’Indira Gandhi est incapable de juguler.
La classe ouvrière campe en héros, devenant l’objet de nombreux films parmi lesquels Deewar (le mur) et Sholay avec en tête d’affiche, la super star Amitabh Bachchan (1975) qui incarne un jeune homme en colère. Un film inspiré des westerns spaghetti de Sergio Leone sur fond de combat contre les injustices.
Les années 80 voient un engouement pour les films de romance ou le couple indien est idéalisé à la mode occidentale, avec en filigrane, les devoirs liés à la morale et à la famille.
Les principaux films du genre : Dilwale Dulhania Le Jayenge ( L’amant emmènera la mariée) et Hum Aapke Hain Kaun ( Qui suis-je pour vous ?).
Ces œuvres apparaissent dans un contexte politique qui signe la fin de la guerre froide et l’abandon d’un socialisme à la Nheru. L’inde signe son entrée dans l’ère de l’économie libérale. Le cinéma indien cultive également la place de la nation à travers l’image de la mère (Mère patrie : Bharat Mata). Une image idéalisée qui doit être protégée par ses propres enfants. L’art et la littérature à cette époque sont fortement imprégnés de ferveur nationaliste sur fond d’anticolonialisme.
Un film traitant du puissant symbole de la mère auprès de la société indienne : “Mother India de Mehboob”.
Une sélection des meilleures TV indiennes sur le Web
L’Inde a une superficie de 3 287 260 km2 pour une population de 1 048 641 000 habitants avec une densité de 352 hab/km2.
La capitale est New Delhi avec 8 500 000 habitants.
Principales villes : Calcutta : 4 400 000 hab, Bombay : 11 900 000 hab, Madras : 3 800 000 hab.
Cet article est rédigé par Blaise Grenier, Journaliste reporter d'images et auteur. Découvrir le parcours de l'auteur et la charte éditoriale »