Finale de la coupe Monde : victoire de la France face à la Croatie

15/07/2018

La France a remporté la coupe du Monde et fait monter au ciel tout un peuple. Des millions de bras en V et une cohésion nationale retrouvée. 20 ans que nous attendions cela et une façon de conjurer la  parenthèse cauchemardesque de 2006, conclue par un coup de boule devenu légendaire. Celui de Zidane sur Materazzi.

Quel bilan retiendrons-nous de cette épopée ? Sans doute un mélange de joie et de frustration. D'avoir sacrifié la beauté du jeu pour la fatalité du résultat. La gagne à tout prix. Un état d'esprit qui nous fit dire, durant des décennies : "Le football est un jeu simple ! Vous voyez 22 hommes cavaler après un ballon durant 90 minutes et à la fin, ce sont les Allemands qui remportent la partie...". Il y aura maintenant jurisprudence avec nos voisins d'Outre-Rhin.Coupe du Monde

Jamais la France n'avait eu un tel potentiel offensif qui ne servit... qu'à bien défendre.

Sans doute une première dans la genèse des finales de coupe du Monde de voir une équipe si prolifique en terme de buts marqués... à partir d'un camion garé devant le gardien.

Durant cette finale sans suspens, La France installa un bloc très bas afin de perturber le jeu ultra léché des croates, constitué de redoublement de passes dans la verticalité.

Trois prolongations dont deux séances de tirs au but, ajoutées à une journée de repos en moins aura eu raison de l'état de fraicheur et de la concentration de nos adversaires qui commirent deux grossières fautes d'inattention.

Un but idiot contre son camp de Mario Mandžukić suivi d'une main naïve de Perisic et le rêve s'envola de pouvoir venger leurs illustres aînés de 1998.

Sans faire entrer le chauvinisme dans la partie, il y a des défaites aux yeux du monde qui sont synonymes de victoire.

Sur le plan de la beauté du jeu, la France fut loin derrière la Belgique, le Brésil ou la Croatie. La France à Séville en 1982 et la Hollande en 1974 resteront dans l'imaginaire collectif comme la victoire du talent sur les "gagne-petits".

Puis vint en toile de fond la séquence Macron pour parachever le triomphe. Le président le fit dans les grandes largeurs. Sans économies. Macron en pilote d'avion conduisant Payet et Koscielny à la rencontre de leurs camarades... Macron le moraliste, le coach, le danseur.  Macron en tête d'affiche sur les photos, en selfie. Macron avant, pendant et après.

Il n'y en avait que pour lui, à tel point qu'il donna l'impression de voler la vedette à Deschamps. Macron le grand architecte planétaire. Macron partout et jamais très loin de son précieux, cette coupe toute d'or vêtue.

La populace qui attendit durant des heures sur l'avenue des Champs-Élysées n'aura eu droit qu'à un passage éclair du bus à impériale. L'exécutif donnant la consigne d'accélérer l'allure afin d'en avoir plus pour son petit comité. Une façon de faire main basse sur l'évènement au détriment de la plèbe. “Rien ne peuple comme les gueux.”, disait Diderot.

Ce peuple d'en bas n'aura eu droit qu'au bitume sous la canicule pendant qu'une sélection de petits veinards se délectaient dans les jardins de l’Élysée. À l'ombre, sous les chênes centenaires.

Vint ensuite la polémique lancée par l'humoriste américain Trevor Noah qui proclama après la victoire de l'équipe de France : "C'est l'Afrique qui a gagné la coupe du Monde". Et les antiracistes trop zélés pour être honnête de dénoncer les horribles racistes.

Les joueurs de l'équipe de France sont bien évidemment français, maintenant force est de constater qu'en certaines occasions on exigerait d'eux qu'ils effacent tout. Leurs racines, leurs origines, leurs familles au sein desquelles les mamans portent parfois le boubou traditionnel.

Il faudrait tout repeindre en bleu, blanc, rouge, effacer toutes traces du passé et même raser les cités dont certains joueurs sont originaires. Circulez, il n'y a rien plus rien à voir.

Est-ce raciste de dire que le nom NGolo tire son origine d'un ancien roi du Mali ? Qu'il y a une part de l'Atletico Madrid à travers Griezmann et Hernandez, de la même façon qu'il y a une part d’Afrique chez certains joueurs car ils sont attachés à un pan de leur culture, hors de France ? Hors les murs ?

Tout cela mérite une réflexion de fond sur ce qu'est la France véritablement. Le racisme est à la couleur ce que la nuance devrait être à l'antiracisme.

Cet article est rédigé par Blaise Grenier, Journaliste reporter d'images et auteur. Découvrir le parcours de l'auteur et la charte éditoriale »

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