Sociologie du football, Coupe du monde : de Jules Rimet à beIN Sport
Une Coupe du monde pour les abonnés BeIN
01/06/2018
Je me régale à écouter les commentaires d'après-match des soi-disant spécialistes du football, notamment sur BFMTV, CNews et l'Équipe TV.
Canal plus, beIN, désolé, j'ai zappé. J'exècre ces chaînes payantes qui se font de l'argent sur un sport populaire, joué par tous les gamins du monde, des favelas de Rio aux quartiers nord de Marseille.
La couverture de la Coupe du monde quasi exclusivement aux mains de BeIN est tout simplement une honte absolue. La Coupe du monde est une compétition de "service public", oui j'ose la formule,
et elle devrait être en accès gratuit pour les plus démunis. Jules Rimet doit se retourner
dans sa tombe. Lui, l'inventeur de l'épreuve, fils de modestes agriculteurs.
Jules Rimet, catholique dans l'âme, passionné de musique et de littérature, pressentit un temps comme prix Nobel de la paix. Un homme qui œuvra toute sa vie pour l'amitié entre les peuples. L'esprit football s'en est allé, aujourd'hui il est réservé à quelques privilégiés qui peuvent s'abonner aux chaines payantes.
En interdisant en parti l'accès à bon nombre de matches de Coupe du monde, ces nouvelles télévisions telles que BeIN symbolisent aujourd'hui toute la crasse du business dans le football. Parenthèse refermée.
Les meilleurs consultants et journalistes de football ?
Il y a du bon et du moins bon. Dans les analyses, certains sont au plus proche d'une certaine idée du football que je fais mienne.
Les autres sont dans le sérail des certitudes besogneuses, où la folie et l'imaginaire n'a plus sa place au cœur du jeu. Tel le pédant incompétent qui martèle que la France est le pays des droits de l'homme, se gardant bien de vérifier si cette allégation est toujours d'actualité.
Transposé au football, je pointe du doigt ces consultants qui se croient toujours champions du monde parce que la France le fut un jour, il y a vingt ans déjà.
Chers pro du commentaire, redescendez sur le pré carré ! Si la France était réellement une grande nation du ballon rond, ça se saurait depuis des lustres.
Au niveau des clubs, notre pain quotidien, le bilan est famélique depuis près des décennies. Preuve que nous ne sommes pas des lumières et d'aucuns de se remettre en question sur notre manière d'appréhender ce sport majeur dont nous ne récoltons que les miettes.
Une approche, une morgue toute française qui fait dire aux anglais que si la France est le plus beau pays du monde, elle serait le paradis sur terre avec des anglais à notre place dans nos campagnes.
Le football, c'est un peu le thermomètre des rapports sociaux au sein d'une nation et s'il est à bonne température, c'est que le climat y est agréable.
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Force est de reconnaître que l'exubérance de la rue brésilienne, c'est autre chose que les visages sans vie du métro parisien.
En Espagne, on peut louer la gentillesse des personnes que l'on croise. En Angleterre, il y a cette esprit pub et club autour d'une communauté d'idées. L'Italie de son côté possède une culture de l'arène encrée au plus profond de son histoire.
Il y a comme ça des ambiances, des parfums et le football est à cette image, portée par un climat. Il y a un contexte social qui vous incite à tenter des choses, expérimenter la nouveauté, donner sa chance à l'autre, en finir avec le politiquement correct pour faire bouger les lignes. Bousculer le "tel profil à tel poste". Casser les codes. Les stéréotypes. Sortir du figuratif et se lâcher sur l'abstrait.
À l'image de la grande équipe d'Espagne avec Xavi et d'Iniesta, petits par la taille, grands par le talent. Ce concept d'avoir des joueurs moins physiques mais plus intelligents tactiquement.
Là où les français ont dit un jour à Antoine Griezmann d'aller se faire voir chez les mangeurs de chorizo, les espagnols eux y ont cru.
Après cette petite digression, faisons le point sur ces consultants football qui ne renieraient point mon équipe-type de la Coupe du monde.

Voici ceux que je suivrais en priorité sur les différentes chaînes TV :
Jean-Luc Arribart, le flegme à la française, le Sean Connery des surfaces. Christophe Dugarry, la tête de mule du PAF football. Roland Courbis ou la sagesse retrouvée. Frank Lebœuf, celui qui n'est jamais redescendu sur terre après sa finale de 1998. Emmanuel Petit, le mousquetaire à "fleuret moucheté". Pierre Ménès, le poulbot gouailleur de la tribune nord. Carine Galli la classe. Tu la vois, tu crois qu'elle bosse chez Yves Saint-Laurent. Pascal Praud, l’énigme du trouble de personnalité enfin dévoilée sur un plateau de télévision. Vincent Duluc, le Pac-Man du ballon rond. Magic Bernard Morlino, le sulfateur en chef des plateaux TV. Gilles favard et Eric Blanc : l'un ne va pas sans l'autre, tout droit sortis d'un film de Michel Audiard. Jean-Michel Larqué. Lorsqu'il est en plateau, t'as l'impression qu'il s'est pris un sac de plâtre sur la tête. Et ouais, on les aime !
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Cet article est rédigé par Blaise Grenier, Journaliste reporter d'images et auteur. Découvrir le parcours de l'auteur et la charte éditoriale »

