13/07/2018
Bon nombre de personnes dont je fais parti considère l’homophobie comme un fléau. Chacun est libre de vivre avec qui il /elle l’entend et de se marier avec la personne de son choix. Cette position n’est point négociable. Jamais je ne calculerai les orientations sexuelles, religieuses ou la couleur de peau d’une personne.

Il faudrait vraiment qu’elle me mette sa différence en étendard et me proclame à haute voix : “tu vois, moi je suis un, une…”… Je me dirai alors que j’ai un(e) imbécile en face de moi. L’aparté clos, je m’étonne sur la forme que les services publics de la ville de Paris se soient inscrits dans le paysage de l’association LGBT en dessinant des passages piétons à leurs couleurs.
La mairie de Paris n’a pas trouvé mieux que de mener cette action dans le quartier du Marais où sont présents de nombreux bars homosexuels. N’y voyez aucun fichage quelconque…
Si on transpose cette initiative au racisme ordinaire, Anne Hidalgo devrait donc autoriser que les passages piétions d’un quartier à majorité africaine soient repeints en noir, un quartier asiatique colorié en jaune. Et pourquoi ne pas appliquer cette mesure à un quartier juif ou musulman pendant qu’on y est ? Des étoiles sur le bitume rue des Rosiers et des croissants rue de la Goutte-d’Or ?
À ce rythme, chacun pourra créer une association de défense de, et revendiquer que telle zone géographique soit marquée avec ses propres signes distinctifs.
Problème : avec un marquage au sol de couleur sombre, rien ne garantie en pleine nuit de traverser correctement dans les clous, faute de pouvoir distinguer correctement le tracé. À pied totalement bourré bonjour les dégâts et en voiture, t’imagines même pas !

Si les passages piétons sont peints en blanc depuis que la voiture existe, c’est parce qu’ils sont visibles dans la pénombre, eh banane !
Anne Hidalgo par cette initiative lumineuse est en train de réinventer la signalisation routière aux couleurs LGBT. Et la préfecture de Police apparemment de donner son aval pour une telle initiative. La mairesse en grande pompe a profité de la Marche des Fiertés pour annoncer la bonne nouvelle.
Fierté de quoi, d’abord. Devrait-on être fier d’être hétéro, gay, noir, arabe, juif, lesbienne, trans, intersexe ? Communautariste et racisme ordinaire, lorsque tu nous tiens. Il n’y a aucune raison valable qui mériterait que l’on ne soit pas fier de ce que l’on est au naturel.
Insupportable, cette fierté en “réaction de”, pour marquer sa différence et la ligne à ne pas franchir. À ce petit jeu,* la Marche des Fiertés* des blancs signifierait que toute personne d’une autre couleur serait la bienvenue… à condition de rester à sa place ? Plus débile tu meurs, notre société est en train de se consumer de l’intérieur.
Cet article est rédigé par Blaise Grenier, Journaliste reporter d'images et auteur. Découvrir le parcours de l'auteur et la charte éditoriale »