Fillon : un monarque et sa cour
23/02/2017
L'affaire Fillon pourrait se résumer ainsi : "La pauvreté n'ôte de noblesse à personne, la richesse oui.” (Jean Boccace / Le décaméron).
Un retour vers le passé. Le château de Versailles... Sa noblesse de cour et ses courtisans, au plus près des avantages qu'offrait la royauté. Une chasse gardée, le sentiment d'être au-dessus des lois, car de filiation supérieure. Les avantages naturellement dus. Princesse Pénélope est peut-être innocente des soupçons qui pèsent sur elle, son employeur non.
Dans la vie civile, au sein d'une entreprise, on exige d'un salarié un minimum de sérieux. Un badge d'accès valide, une boite mail dédiée, un bureau rempli de
dossiers classés par date, un agenda minuté au cordeau. Le tout agrémenté
d'une "pause syndicale" de 20 min par jour.
Dans une entreprise "normale", lorsque le collaborateur est la fille ou le fils du patron, celle-ci exigera d'elle (ou de lui), un volume de travail plus important afin de ne pas se mettre en porte-à-faux avec ses autres salariés, et ce, pour éviter les "fils de". En gros : « Tu devras faire tes preuves comme les autres...».
Avec Pénélope rien de cela. Une Marie-Antoinette insouciante, ne se souvenant plus si elle a signé un contrat de travail puis se contredisant avec légèreté devant le Sunday Telegraph, plus préoccupée à parler de ses passe-temps pour tuer l'ennui que de politique.
Traitement à deux vitesses
Quel manque d'égard vis-à-vis de ces assistants parlementaires qui gagnent en moyenne 1 600€ par mois. Les 850 000€ que Pénélope a raflé sont d'une violence insoutenable pour le gueux de base, dont on exige plus d'effort pour moins de salaire. Un traitement à deux vitesses. Sur le plan de la stricte morale, il va de soit que François Fillon est définitivement disqualifié (hors fan-club) aux yeux des français.
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Comment peut-on confier les rennes de la nation à un si piètre "chef d'entreprise" ? Qui estime qu'une femme au foyer, ouvrant quelques courriers ou dispensant ses points de vue mériterait de tels émoluments. À moins d'être roi et de considérer que les annotations de son conseiller personnel, eu égard à son rang, mérite son poids en or.
Combien d'époux(ses) de femmes et hommes politiques, chaque jour, prodiguent des conseils à leurs conjoint sans honoraires en retour ? A force de vivre dans un château, on se prend pour un monarque.
Cet article est rédigé par Blaise Grenier, Journaliste reporter d'images et auteur. Découvrir le parcours de l'auteur et la charte éditoriale »

