Plus de fluidité, moins de pollution

19/05/2017

Embouteillages monstres, lignes de RER bondées, pics de pollution redoutables. C’est le lot quotidien des mégapoles telles que le grand Paris, une agglomération de 7 028 565 habitants au cœur de l’Île-de-France.

Pour parer à ces problèmes qui empoisonnent la vie des franciliens, un projet a vu le jour en 2011. Le Grand Paris Express.

À l’initiative d’un accord entre le conseil régional d’Île-de-France et l’État, ce territoire bénéficiera à l’horizon 2020-2030 d’un réseau de lignes de métro automatisées d’une longueur totale de 200 kilomètres. Il desservira 72 gares.

Les objectifs sont multiples : réduire la circulation automobile, inscrire le territoire dans une démarche écologique globale, en œuvrant notamment pour une meilleure qualité de l’air. Favoriser le développement économique en désenclavant certaines zones fragilisées socialement et qui ont du mal à accéder à l’emploi.

Grand Paris

Dans la pratique, les franciliens pourront se déplacer plus rapidement vers les principaux pôles d’activités sans être obligé de passer par le centre de Paris.

Les travaux confiés à la Société du Grand Paris (SGP) ont débuté récemment. Après de nombreuses joutes administratives, à coups de procédures d’agrément et validations de dossier, les premiers coups de pioche ont été donnés. Pour les tunnels, il faudra patienter. On devrait en voir le bout en 2018.

Dans l’attente du résultat final dont le coût devrait avoisiner les 25 milliards d’euros, la SGP organisait fin février 2017, une visite guidée en autocar le long de la future ligne 15. Du pont de Sèvres à la gare de Noisy-Champs. Ce trajet de 33 kilomètres desservira 22 communes et 16 gares dont 15 seront interconnectées avec le réseau existant. Impressionnant n’est-ce pas ?

Retour vers le futur… Ces gares d’un nouveau type, de 109 mètres de long sur 23 à 25 mètres de large se présenteront comme des dominos géants enfoncés plus ou moins profondément dans le sol. Digne du film Star Wars. Imaginez d’immenses vaisseaux spatiaux disposés autour de Paris (Intra-muros), prêts à décoller.

Si l’on se projette en 2030, la capitale aura peut-être un parfum de Central Park (New-York). Une enclave verdoyante dédiée aux déplacements à l’énergie solaire ou électrique… Les Vingt arrondissements répartis sur une superficie de 105,40 km2 seront sans doute bientôt transformés en champ d’expérimentation afin de construire la ville de demain…

Le projet du Grand Paris Express sera une réussite si l’étau se desserre réellement sur Paris. La capitale fait office d’aimant économique vis-à-vis des banlieues et elle est régulièrement proche de l’asphyxie.

En 2015, Paris détint durant quelques heures le record de la ville la plus polluée au monde, avant Shanghai ou Mexico. Le pic de particules fines dépassa les 80 microgrammes par mètre cube (concentration moyenne de particules inférieures à 10 microns de diamètre).

La France qui se rêve en leader mondial de la protection de l’environnement devra en premier lieu purifier l’air qui passe devant sa porte. La circulation alternée fait figure de mesurette au regard du contexte actuel bien peut reluisant.

Nous entrons dans le printemps, la saison où les pics de pollution sont les plus importants. Le trafic routier combiné à l’épandage agricole engendrent à cette période, une réaction combinée d’oxydes d’azote et d’ammoniac qui renforce la quantité de particules présentes dans l’air.

L’OMS considère que ces particules sont à l’origine de certains cancers, allergies, maladies respiratoires et troubles cardio-vasculaires.

Souhaitons que le projet du Grand Paris Express soit étendu aux dix villes françaises les plus polluées par les particules fines. Voici le classement 2016 (Source : OMS) :

1ère : Paris 2e : Marseille 3e : Lille 4e : Strasbourg 5e : Montpellier 6e : Nice 7e : Bordeaux 7e ex aequo : Lyon 8e. Le Havre 9e : Nantes

Cet article est rédigé par Blaise Grenier, Journaliste reporter d'images et auteur. Découvrir le parcours de l'auteur et la charte éditoriale »